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Le Visteur

A l’occasion du jour:

Le jour il toqua pour la première fois à la porte, tout le monde fut bien évidemment très étonné et certains parmi eux furent touchés si profondément qu’ils se fussent inexorablement débarrassés de leurs vêtements, se mirent, d’un l’air incrédule, à pleurer et finirent en route d’exploration.  Ils retournèrent déçus : Le visiteur qu’ils ont laissé rentrer ne fut qu’une allusion fugitive. Il apportait le chaos sur la ville où même un pigeon ne trouvait plus sa place ; à tel point les espaces étaient envahis et occupés des rats assoiffés de lumière. Ayant erré dans le chaos, quelques-uns se trouvèrent finalement trompés et gardèrent comme souvenir un bon rhume.

Comme souvent, les gens essayaient d’abord de lui vite oublier comme si ce n’était qu’une  quelconque histoire insignifiante d’une millième soirée dégénérée et ils persistaient de se persuader des temps présents.

Les dates et les jours leur signifient  autant qu’ils les suivent au rythme des ondes radioélectriques et c’est pourquoi, ce matin, certains se sont levés le cœur battant à toute allure, quand ils l’ont entendu de nouveau frapper à la porte; se méfiant d’ouvrir la porte et certainement angoissés de devoir  revivre  le chaos, l’œil passait, plus par hasard que par calcul, sur la petite feuille de l’éphéméride : Le cœur oubli ses allures, l’esprit respire et le soulagement devient presque audible.

C’est le 20 mars, il est officiel : C’est le début de printemps !

Espérons que la logistique urbaine s’y adapte au plus vite possible et que le citadin va réussir à jouir le plus possible du beau temps avant que printemps et été soient de nouveau finis.

Wladimir Kaminer: “Mein Leben im Schrebergarten.”Image

Pour en savoir plus et, parce que je ne peux pas me passer de partager quelques extraits de ce petit chef-livre, j’ai eu la tentation de traduire quelques extraits qui vont bientôt apparaître sur ce blog; petit-à-petit, en respectant la vitesse/ la lenteur de la traductrice, auto-proclamée.

Mais d’abord je laisse briller les impressions qui sont les miennes:

Enc e qui concerne la propriétaire du blog, elle fit ses propres expériences dans tels jardins. Mis à part le fait qu’elle-même fut probablement plantée lors d’une nuit d’été dans la douilleté exotique du Schrebergarten familial ; elle passa l’ensemble de ses 6 premières années, du printemps jusqu’à  l’arrière-saison, dans ce jardin ainsi que dans les jardins avoisinants, qui eux proposèrent maints bons fruits différents ou sur autres terrains qui furent visés par l’œil enfantin avide de  quelques sucreries, toujours offertes de bon coeur par ses propriétaires âgées.

Le jardin donna lieu à tout : Avant de l’amusement, bien sur, du travail qui se fit particulièrement dans la matinée avant que le soleil de midi n’arrivât. Le déjeuner qui, lors de l’été, consista d’habitude d’un potage aux légumes fraichement récoltés  ou d’un simple plat froid, tel qu’une soupe de fruits. Les dîners furent, évidemment, plus consistants et s’entourèrent du parfum profane des saucisses locales. Tout cela se prépara à l’extérieur sous l’abri de la véranda ou dans une petite niche de cuisine, équipée de deux petites armoires suspendues, de deux plaques de cuisson, d’un petit réfrigérateur et d’un petit levier. Après le repas et pour éviter la chaleur de midi, plusieurs coins minuscules servirent à effectuer la sieste : un vieux appentis, derrière la tonnelle, transformé en wagon-lit, le fauteuil en véranda, le hamac à l’abri de tous les regards, en dessous du cerisier dans l’ombre duquel la bloggeuse eut l’habitude de séjourner pendant ses premiers mois de vie.

Les après-midis furent moins marqués par le travail : on prit le café et de la tarte aux fruits, les enfants qui étaient déjà mobiles coururent dans tous les sens cherchant le jardin qui offrait la plus grande piscine gonflable. Les petits enfants eurent une vie plus simple – une petite baignoire en zinc fut largement suffisante pour divertir l’enfant et, en même temps, le garder en toute fraicheur lorsqu’il fallait continuer le jardinage. Quelques photos familiales, par contre, montrent que l’avant génération eut et utilisa une vraie baignoire installée dans le jardin même, devant la véranda. Au cours de ces années, les propriétaires pensèrent que se baigner sous les yeux de dieu était daté et ils se dirent, écologiquement prévoyants comme il se devrait, qu’une douche à ciel ouvert mais à l’abri de quelques arbres serait plus dans l’esprit du temps. Ceci ne signifia pas encore la fin de la baignoire qui se vit transformée pour loger depuis, plus au moins, 4 poissons rouges : ceux-ci durent, à chaque fin automne, égard à la situation climatique, supporter le stress d’un déménagement temporaire dans la cave des grands-parents où ils passèrent noël et nouvel an dans l’intimité d’une boule en verre située au troisième étage d’une étagère branlante. L’année suivante ils furent réintroduits dans leur château entouré d’eau ; et le reste de la famille se lança à la chasse aux œufs.

Jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix le jardin vit pousser pas mal des fruits et légumes qui finirent de temps en temps dans l’un ou l’autre breuvage lors des nombres soirées et fêtes ; Ce fut la période de transition qui toucha également les jardins : il y eut un déplacement de l’épanouissement personnel du petit jardinier et de celui du citadin. Le premier rêva de choses énormes, d’une vie qui lui aurait permis de vivre 365/365 jours dans et avec son jardin ou, grâce au nouveau gain que représentait la liberté de voyage, simplement de quitter le pays. Le dernier, par contre, commença seulement à éprouver un attrait pour la nature qui lui apapru sous la forme d’un jardin ouvrier plus abordable qu’un achat de maison dans un bled paumé qui , en outre et avant tout, entraîne simultanément un contrat social avec la roublarde population indigène.
Et c’est comme cela que, malgré quelques orages, cambriolages, les premières tentatives de rouler à vélo et la fête d’immatriculation en primaire, ce jardin put être légué sans aucun dommage à ses nouveaux propriétaires. Seul le sapin du petit jardin fut transféré sur le nouveau terrain à la campagne; quant à Hansi, la perruche, qui y fut enterré dans un pot à cornichons, je ne sais plus où se retrouve sa dernière demeure.

Quand on en a un, c’est beaucoup de travail; quand on trouve le temps d’y travailler, il pleut toujours et après on ne sait plus où mettre ses pieds tellement l’herbe est couverte de limaces.

Quand on  n’en a pas, cela reste le rêve de presque chaque locataire en ville – Prenons le cas de Bruxelles. On ne peut pas clairement dire que la population bruxelloise est gâtée en terme d’espaces verts  – laissons de côté les locations équipées de terasses ou de balcon – d’où encore ce désir plus vif d’un jardin. Lors d’un véritable éte, avec le sentiment que c’est le premier depuis quelques décennies (ou au moins depuis 7 ans), l’envie furieuse s’installe: l’envie de pouvoir passer le temps quelquepart en tranquillité et ne surtout pas au milieu de la meute qui pique sa crise parce qu’elle vit le premier été depuis sa puberté et se satisfait d’autant plus de sa prise de décision  d’avoir renoncé d’aller au Club-Med comme chaque année précédente.  En résumé: Peut-être que ça sent aussi de temps en temps la saucisse grillé dans les jardins, peut-être qu’on y voit aussi de temps en temps des personnes moches et/ ou désagréables, mais au moins ils y restent, à l’ombre de leurs tonnelles, plus calmes et il y a une interdiction générale de circuler ainsi que la possibilité de jouer à cache-cache dans son propre jardin, si la situation le nécessite.

Ensuite, le jardin était et restera une des plus grandes sources d’inspiration et de connaissance de l’humanité:

« Après souper, le temps clément nous incita à prendre le thé au jardin, à l’ombre de quelques pommiers. Entre autres sujets de conversation, il me dit qu’il se trouvait dans une situation analogue lorsque lui était venue l’idée de la gravitation. Celle-ci avait été suggérée par la chute d’une pomme un jour que, d’une humeur contemplative, il était assis dans son jardin. »

Pas aussi important que les influences de Sir Isaac Newton, mais d’autant plus surprenant,  est le livre “Mein Leben im Schrebergarten” de Wladimir Kaminer qui décrit avec légèrté et avec son humour unique sa première année au cycle d’un petit jardin urbain, dit “Schrebergarten”.

Pour savoir ce qu’il est un vrai “Schrebergarten” Wikipedia nous propose ceci:

Schrebergarten [ˈʃreːbɐ-] SUBST m – jardin ouvrier

exemple de Leipzig (ma ville d’origine)

Ville Habitants Jardins Jardins / 100 habitants
Leipzig 510512 32000 6,2 jardins

En Allemagne, dès la seconde moitié du xixe siècle le médecin et pédagogue Moritz Schreber commence à promouvoir l’idée des jardins ouvriers dans la lignée de ses travaux sur la santé publique. L’idée est de permettre aux ouvriers de se détendre tant par la pratique du jardinage que par la jouissance d’un environnement sain et reposant. De plus la culture de fruits et de légumes destinés à la consommation directe est censée améliorer l’alimentation des travailleurs.

Ce n’est pourtant que trois ans après sa mort, en 1864, que son beau fils, Ernst Innozenz Hauschild, fonde dans les environs de Leipzig une aire de jeux à destination d’enfants défavorisés. En hommage à son beau-père, il la nomme Schreberplatz (littéralement : place de Schreber). Rapidement les parents prennent à leur tour possession de l’espace et commencent à le cultiver. Sous le nom deSchrebergarten (littéralement : jardin de Schreber), les jardins ouvriers se développent alors rapidement dans toute l’Allemagne et en particulier dans les régions industrielles comme le Ruhrgebiet, région minière par excellence. Ces jardins sont souvent entretenus collectivement par les ouvriers, formant ainsi de petites communautés qui alimentent le lien social.

Aujourd’hui, les Schrebergarten sont, en Allemagne, une véritable institution avec des règles strictes (hauteur des haies, surface des cabanes et des espaces cultivés…), des concours du plus beau Schrebergarten, et ses règles d’attribution.

Je suis la première lettre, je suis le premier mot, je suis l’incarnation par écrit de l’idée personnifiée qui existait déjà; qui existe(ra).

Je suis la représentation lettrée, la conscience du souci de quelques un(e)s perdu(e)s dans la galerie de l’oubli ou dans le tunnel du non-mémoire.

Réclamant l’idéologie personnifiée qui se croît exister par ses récits – tout au contraire de ce que le fameux titre “Vivir para contarla” (Vivre pour la raconter) proclame; Exigeons, extensifions l’idée de l’existence, consistante et se créeante beaucoup plus par le mouvement, traduit dans la rencontre qui ne se finit pas dans une simple anecdote.

Rencontre humaine, littéraire, scientifique, philosophique, heuristique – joyeuse, savoureuse,  vibrante, saturante – Erratique – ennuyante, erronée, enfonçante.

Volonté de vivre – l’admission d’habiter dans 1 corps mais non dans un autre – Découverte de ses multiples facettes et extensions. Une maison habitée dont il  ne nous restera qu’une dépouille ratatinée, enterrée, oubliée. A ce moment, le titre du blog “Hurray! We are still alive.” deviendra obsolète; mais, aujourd’hui, il est encore plus important pour chaque jour après jour.

Ne pas rester ou ré-devenir un tube semble de plus en plus un défie. Comment gérer et résister aux névroses qui se sont déjà installées dans le lieues dites natales, pédagogiques, intellectuels, commerciales et urbains.

Se lever, alimentation de l’habitation, courir, taper, alimentation, taper, courir, acheter, emballer, déballer, alimentation de l’habitation – quelle heure est-il? Oh, oh, oh: Hurray! We are.

Le délire est de clôturer autrement:

Hurray! We are still living.

N.B. Pour ceux et celles qui sont curieuses et pour ne pas faire les choses à moitié, ici, une traduction approximative du sous-tire du blog:

Du [(Schla)massel qui signifie] bon/malheur entre la choucroute, le foie gras et le stoemp.

Ce dernier est, à l’heure actuelle, sûrement en train de mijoter et progressivement en cours d’installer un ordeur ardent qui est censé de dessiner un sourire plein d’impatience sur les visages de ses futurs consommateurs, et au moment de l’attaque, de créer le bonheur mou dans les ventres tièdes qui ont pris position, par coutume hebdomadaire, autour de la table.

Bon appétit.