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Monthly Archives: November 2013

Je remercie l’auteur  André Herrmann pour cet article apparu sur le blog “Weltnest.de“, le                     24 novembre 2013:

http://www.weltnest.de/Blog/232/weihnachtsmarkt-in-leipzig-betrunkene-muttis-seit-1458

Sous la devise “Restons réaliste”, ce petit texte ne touche pas seulement Leipzig et des nombreuses autres villes sur le terrain germanophone mais la vie urbaine de toute l’Europe….

“Mardi prochain, le 26 novembre, le traditionnel marché de Noël de Leipzig ouvrira ses portes pour un peu moins de 4 semaines. Depuis 1458, des milliers de quarantenaires bourrés s’y rencontrent annuellement, munis des ramures clignotantes, pour nous faire humblement remarquer que la période de marché de Noël est la pire saison de l’année.

Quand je m’installais à Leipzig, il y a 75 ans, il m’arrivait que l’incident se grave profondément dans ma mémoire. C’était le 20 décembre. Mes parents m’avaient amené la première fois au marché de Noël. L’endroit était envouté d’une ambiance même merveilleuse. Mes parents buvaient du thé et du vin chaud et, en m’offrant un pain d’épice gros comme le poing, ils m’avaient rendu l’enfant le plus heureux entre Delitzsch et Markleeberg. Ils me disaient que je pouvais même m’acheter, là-bas dans la cabane, un punch pour enfants et mon petit cœur sautait dans le rythme de mes jambes qui partaient en hâte.

Puis, une maman chancelante sans contrôle qui portait une ramure clignotante sur la tête me heurtait. Je tombais dans la soupe de neige. Dépourvue d’expression la maman se tournait – au lieu d’une excuse, seul un rayon-vin-chaud tout rouge sortait de sa bouche sous qui ensevelissait non seulement mon anorak, mais aussi, sempiternellement, mon envie de marché Noël.

Cette semaine alors,  l’aimant aux quarantenaires lipsiens aka le « traditionnel marché de Noël » ouvre la 555e fois. L’année passée, 2 millions personnes ivres, au total, se rencontraient dans le centre-ville pour rendre hommage au dieu du vin en Tétra-pack, velouté de 8 kg de sucre et 4 litres d’eau. Cette année, elles pourraient même devenir encore plus nombreuses, grâce à l’ouverture imminente du « Bud-Spencer-Tunnel ».

Ce n’est pas un hasard si le sapin de Noël municipal est 2 mètres plus haut qu’en 2011 et que le marché ouvre un jour de plus que les années précédentes. Il y a, également, ENFIN, encore plus de cabanes qui vendent toutes les mêmes brols – même des trains spéciaux (affublés « Vin-chaud-Express » – pfoui, honte !) partent d’Hambourg et de Berlin en direction de la ville de héros.

Tout le monde, qui n’aime pas dépenser volontairement son argent pour l’artisanat original des monts Métalliféres importé de la Chine ou qui ne travaille pas comme pickpocket indépendant, doit, soyons clair, s’attendre une période d’austérité. Chaque jour à partir de 10 heures du matin, les drôles groupes des trentenaires++ vont glander devant les hautes tables dans la Grimmaische ou dans la Petersstraße et ils vont siffler le vin chaud jusqu’ils perdent toutes leurs inhibitions. Puis ils se mettront les ramures clignotantes sur les têtes et commenceront, le postérieur vacillant, à danser auprès les piétons passants, qui se sont de nouveau, par erreur, égarés dans le centre-ville. Non, je ne comprends pas le concept du marché de Noël : Pourquoi chamboule-t-on des milliers des années de civilisation humaine et s’installe-t-on à l’extérieure dans le froid pour y, en revanche, boire quelque chose de chaud qui coute dans sa production au maximum 50 cents, mais se vend cependant dans la baraque décorée de manière solennelle pour 4 euros ? Et qu’est-ce que ça a à voir avec Noël ?

Vous avez raison ; on ne doit pas déconstruire le spectacle, sinon il nous paraîtra nécessairement complètement absurde. De même, on devrait boire du vin chaud autant que possible, pour ne, surtout pas, se mettre dans l’embarras d’une pensée. Si, en effet, on n’y réfléchit plus du tout, on peut y éventuellement déceler un sens : que le « Milka X-Mas Tour » et « Audi Winterworld » se font accorder des places éminentes dans l’événement de Noël si solennel bien que le marché de Noël veut de l’amour, de la tradition ou quelque chose comme ça – et, en tout cas, pas de commerce.

Mais le pire du marché Noël de Leipzig est : „Gohlis (quartier) garde le silence ! Les autochtones ne se soulèvent pas, pas de pétition contre les vacillantes « soirées filles » qui ne portent aucun but. Même pas une page Facebook incendiaire, rien ! Tout le contraire : Gohlis ne bouge pas un seul orteil. Supposons que la revenue annuelle de la vente des gobelets supercools sera accordée à l’association bénévole de soutien à la construction de l’église doyenné à la place Leuschner.

Et ceci est aussi, d’une certaine manière, dommage.”

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