Souvenir de jardin – n° 1

Wladimir Kaminer: “Mein Leben im Schrebergarten.”Image

Pour en savoir plus et, parce que je ne peux pas me passer de partager quelques extraits de ce petit chef-livre, j’ai eu la tentation de traduire quelques extraits qui vont bientôt apparaître sur ce blog; petit-à-petit, en respectant la vitesse/ la lenteur de la traductrice, auto-proclamée.

Mais d’abord je laisse briller les impressions qui sont les miennes:

Enc e qui concerne la propriétaire du blog, elle fit ses propres expériences dans tels jardins. Mis à part le fait qu’elle-même fut probablement plantée lors d’une nuit d’été dans la douilleté exotique du Schrebergarten familial ; elle passa l’ensemble de ses 6 premières années, du printemps jusqu’à  l’arrière-saison, dans ce jardin ainsi que dans les jardins avoisinants, qui eux proposèrent maints bons fruits différents ou sur autres terrains qui furent visés par l’œil enfantin avide de  quelques sucreries, toujours offertes de bon coeur par ses propriétaires âgées.

Le jardin donna lieu à tout : Avant de l’amusement, bien sur, du travail qui se fit particulièrement dans la matinée avant que le soleil de midi n’arrivât. Le déjeuner qui, lors de l’été, consista d’habitude d’un potage aux légumes fraichement récoltés  ou d’un simple plat froid, tel qu’une soupe de fruits. Les dîners furent, évidemment, plus consistants et s’entourèrent du parfum profane des saucisses locales. Tout cela se prépara à l’extérieur sous l’abri de la véranda ou dans une petite niche de cuisine, équipée de deux petites armoires suspendues, de deux plaques de cuisson, d’un petit réfrigérateur et d’un petit levier. Après le repas et pour éviter la chaleur de midi, plusieurs coins minuscules servirent à effectuer la sieste : un vieux appentis, derrière la tonnelle, transformé en wagon-lit, le fauteuil en véranda, le hamac à l’abri de tous les regards, en dessous du cerisier dans l’ombre duquel la bloggeuse eut l’habitude de séjourner pendant ses premiers mois de vie.

Les après-midis furent moins marqués par le travail : on prit le café et de la tarte aux fruits, les enfants qui étaient déjà mobiles coururent dans tous les sens cherchant le jardin qui offrait la plus grande piscine gonflable. Les petits enfants eurent une vie plus simple – une petite baignoire en zinc fut largement suffisante pour divertir l’enfant et, en même temps, le garder en toute fraicheur lorsqu’il fallait continuer le jardinage. Quelques photos familiales, par contre, montrent que l’avant génération eut et utilisa une vraie baignoire installée dans le jardin même, devant la véranda. Au cours de ces années, les propriétaires pensèrent que se baigner sous les yeux de dieu était daté et ils se dirent, écologiquement prévoyants comme il se devrait, qu’une douche à ciel ouvert mais à l’abri de quelques arbres serait plus dans l’esprit du temps. Ceci ne signifia pas encore la fin de la baignoire qui se vit transformée pour loger depuis, plus au moins, 4 poissons rouges : ceux-ci durent, à chaque fin automne, égard à la situation climatique, supporter le stress d’un déménagement temporaire dans la cave des grands-parents où ils passèrent noël et nouvel an dans l’intimité d’une boule en verre située au troisième étage d’une étagère branlante. L’année suivante ils furent réintroduits dans leur château entouré d’eau ; et le reste de la famille se lança à la chasse aux œufs.

Jusqu’au milieu des années quatre-vingt-dix le jardin vit pousser pas mal des fruits et légumes qui finirent de temps en temps dans l’un ou l’autre breuvage lors des nombres soirées et fêtes ; Ce fut la période de transition qui toucha également les jardins : il y eut un déplacement de l’épanouissement personnel du petit jardinier et de celui du citadin. Le premier rêva de choses énormes, d’une vie qui lui aurait permis de vivre 365/365 jours dans et avec son jardin ou, grâce au nouveau gain que représentait la liberté de voyage, simplement de quitter le pays. Le dernier, par contre, commença seulement à éprouver un attrait pour la nature qui lui apapru sous la forme d’un jardin ouvrier plus abordable qu’un achat de maison dans un bled paumé qui , en outre et avant tout, entraîne simultanément un contrat social avec la roublarde population indigène.
Et c’est comme cela que, malgré quelques orages, cambriolages, les premières tentatives de rouler à vélo et la fête d’immatriculation en primaire, ce jardin put être légué sans aucun dommage à ses nouveaux propriétaires. Seul le sapin du petit jardin fut transféré sur le nouveau terrain à la campagne; quant à Hansi, la perruche, qui y fut enterré dans un pot à cornichons, je ne sais plus où se retrouve sa dernière demeure.

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